Rêves 

 

reve

 

 

 

 

 

Il faisait encore assez chaud en cette soirée de novembre. Aux terrasses il traînait une délicieuse odeur de café, mêlée à des effluves de pizzas. Il s’assit parmi quelques gens heureux et, fatigué par son travail de cheminot à la Gare de l’Est, se laissa envahir par une insidieuse torpeur.

Son esprit commença à s’évader et il vit défiler en imagination des situations invraisemblables: de jeunes hommes, vêtus de vestes rembourrées, descendaient calmement la rue, une arme à la hanche et tiraient froidement en direction des terrasses. Brusquement réveillé par un coup de klaxon, il vit passer un camion Emmaüs, qui lui rappela son passage dans cette Communauté.

Parmi ses compagnons d’alors il n’y avait aucune discrimination d’origine ou de religion. Il y avait retrouvé le goût de vivre. La sérénité lui revint, dans la perspective de Noël et de l’harmonie humaine.

Mais pourquoi avoir fait ce mauvais rêve?

Pierre Boggio