Bénévoles

imagesPlus que jamais nous avons  besoin de vous. Nous sommes à la recherche de Bénévoles pour nous aider dans le tri des bibelots, vêtements, vaisselle et vente dans nos différentes boutiques. Après avoir pris connaissance des possibilités que nous offrons, vous pourrez choisir le poste qui sera le mieux adapté à vos souhaits et qualifications, ceci pour un jour ou plusieurs par semaine ou même quelques heures.

Le contact avec nos Compagnes et Compagnons vous donnera l’occasion de vous investir dans la cause d’Emmaüs qui a pour but de retrouver sa dignité au travers du travail et des échanges humains.

JULES 3|4

2Voici désormais le troisième et avant dernier volet de notre feuilleton, ou nous découvrons les questionnements de Jules, – de l’itinérance à la relève – en passant par les  «Papillons blancs »

Communauté missionnaire

Ce qui est bien, ce qui est extraordinaie, à Emmaüs, c’est pas de bien fonder les communautés, mais c’est de porter le message de l’Abbé Pierre, de voir qu’il y a autre chose que soi-même. Il y a autre chose, je ne peux pas bien le définir, mais quelque chose.

Je vais te dire pourquoi je n’aimais pas les communautés fixes : parce que on s’encroûte. Le petit train-train familial, je ne conteste pas. Entre contester et constater ça fait deux mais j’ai constaté qu’on s’encroûtait, qu’on devenait pantouflard.

Une communauté itinérante, c’est un peu une communauté missionnaire, on éveille les consciences, on bouscule le monde, on réalise quelque chose pour le Tiers Monde, tout ça. L’Abbé Pierre, c’est lui, il faut qu’on le sache, qui a fait le premier établissement pour l’enfance inadaptée, pour les handicapés physiques à Montebourg. On a eu des handicapés physiques qui étaient rejetés par la société, un rien du tout, et c’est là qu’on a vu vraiment qu’il y avait des problèmes : alors on a voulu faire quelque chose, on nous a demandé si on était d’accord de travailler pour les handicapés les « papillons blancs », pour tout ça. Moi aussi j’étais d’accord pour faire ça. Dans une communauté classique, on ne pouvait pas le faire, c’était possible, mais pas la même chose qu’une itinérante. Les communautés missionnaires, c’est ça les itinérantes, le vrai message, et moi, j’adorais ça.

Moi j’ai fait 20 ans d’itinérante, j’en faisais partie en 1956, on a fait l’enfance inadaptée, les Papillons Blancs, mais on a travaillé beaucoup pour l’Afrique. On a travaillé pour le Cameroun, pour les étudiants du Cameroun qui n’avaient pas d’école, ils faisaient leurs devoirs sur la place publique, ils n’avaient pas de local ; moi j’ai travaillé plus d’un an pour le Cameroun, pour pouvoir faire des écoles, et j’aimais bien parce que le travail dans l’itinérante, c’était diversifié.

Dans une communauté c’est bien de continuer, quand tu m’as parlé de l’Inde, j’étais enthousiasmé de travailler pour l’Inde parce que vraiment les surplus en France c’est bien, mais malgré tout, je pense qu’on meurt de faim dans les pays sous-développés, et c’est pour cela qu’il faut que les communautés continuent à travailler pour les pays sous-développés. En France on ne manque de rien, mais bientôt, c’est nous qui allons être sous-développés.

Pour les vieux camarades

Il y avait 5 communautés à Rouen ; à la suite du passage de l’itinérante, il y a eu la communauté Notre-Dame-de-Bondeville, et c’est là qu’on a hérité Esteville de M. Lanfry. Il avait vu qu’il y avait de vieux camarades, on lui avait expliqué que c’était un problème pour nous : les vieux camarades, à partir d’un certain âge où ils peuvent aller ? Et il a donné ce domaine dont il était légataire universel. Une vieille dame lui avait dit : « Vous donnerez pour une œuvre charitable ». Elle est morte au bon moment, c’est nous qui l’avons hérité. Et l’Abbé Pierre l’a habité.

Quand il a donné Esteville, Monsieur Lanfry, moi, j’étais à Notre-Dame-de-Bondeville, dans une ancienne briqueterie. Monsieur Baron a donné 4.000 m2 à Notre-Dame-de-Bondeville pour faire la communauté. Mais tant que j’étais en itinérante, l’Abbé Pierre venait d’Esteville chercher des briques. Quelque fois M. Lanfry et M. Baron étaient là, on allait demander gentiment si on pouvait prendre les briques cassées. Alors, il nous a dit : »Il n’y a pas de problèmes, vous pouvez les prendre ». Alors, j’ai dit gentiment comme ça : « Monsieur Baron : si on en casse quelques-unes, on pourra les prendre !!! » C’était pour faire Esteville ; parce qu’il n’y avait qu’une pièce qui était habitable. Maintenant, c’est bien, mais à l’époque, juste une pièce. Alors l’Abbé Pierre descendait avec une petite camionnette chercher des briques ; il en prenait, et « combien vous nous permettez d’en casser ? »

Détresse ignorée

Et puis on a fait le grand ramassage de Rouen : 120 communes. Il n’y en a pas beaucoup qui savent pourquoi on a fait ce grand ramassage de Rouen. A l’époque, on ne parlait pas beaucoup des handicapés. On a fait ce grand ramassage avec les parents des « papillons blancs », on leur a demandé qu’ils rentrent dans le comité et on a fait les 120 communes pour faire connaître la détresse de l’enfance inadaptée et des handicapés physiques. Ca a marché et une partie de l’argent a permis de faire des foyers un peu partout dans la Seine-Maritime.

C’est pour ça qu’on a fait ce grand ramassage à Rouen : le même jour 3.600 véhicules dans 120 communes. Quelque chose de spectaculaire, pour bousculer un peu l’Administration, tout ça, pour qu’on puisse connaître la détresse des autres, ceux qui ne sont pas comme les autres.

Voilà, et moi, j’adorais faire ça, on avait fait des réunions le soir avec une « boîte à musique », passé des diapos : il fallait raconter, causer, c’était fatigant à la fin, tous les soirs. Une journée de travail, le soir aller faire des réunions, revenir à minuit, se lever à 7 heures, mais on le faisait de bon cœur parce qu’on savait que c’était pour quelque chose de concret.

Enthousiasme des jeunes

Beaucoup de jeunes étaient venus nous aider. On partait dans un autre coin, puis les jeunes ont demandé à Paul, mon responsable de l’époque, comment ça se fait que on pourrait pas faire quelque chose pendant leurs vacances. Ils avaient des moments où ils s’ennuyaient, ils allaient un mois au bord de la mer, puis ils s’ennuyaient. Ils avaient été marqués par Emmaüs, et demandaient si on pouvait pas trouver un système où ils pourraient travailler pendant les vacances : et c’est là qu’on a fait des camps internationaux de vacances.

Les premiers ont été faits à Rouen, alors il y a eu beaucoup de jeunes, et l’année d’après, avec mon responsable Paul, on est allés dans la Manche, on a fait toute la presqu’île du Cotentin et c’est comme ça que débutent les camps. Mais les jeunes, c’est extraordinaire, ont été enthousiasmés. Il y a 3/4 des jeunes, plus de 90%, si on leur donne très vite quelque chose de concret, ils sont enthousiasmés.

Maintenant je suis trop vieux pour faire les camps, mais c’est dommage qu’on puisse plus continuer cela à Emmaüs. Il faudrait trouver le moyen de faire quelque chose, parce que les jeunes, ils ont un cœur extraordinaire. Depuis 20 ans que je fais les camps, j’ai été frappé, moi, par leur ardeur au service des autres. Ils n’étaient pas matérialistes, ils étaient intéressés à faire quelque chose pour les autres. Je peux pas bien m’expliquer mais, moi, j’ai découvert que les jeunes, ils étaient drôlement généreux.

Tous les ans il y avait 20, 30, 40 jeunes dans les camps que j’organisais ; ça marchait, c’était concret, ils suivaient, ils aidaient : « au moins là, Jules tu nous fais faire quelque chose, tu es crédible ; il faut continuer, Jules, de faire cela ». Mais c’est pas possible, je commence à devenir vieux, l’Abbé Pierre aussi commence à devenir vieux. Il faudrait qu’on trouve la relève, qu’on trouve quelque chose à faire, parce que vraiment les jeunes sont capables de faire quelque chose d’extraordinaire aussi. Et puis j’adorais cela, quand j’avais 70 ans, avec eux je me sentais 20 ans…

JULES 2|4

Voici en primeur le second feuilleton d’une série de quatre relatant l’aventure de Jules et de son approche de la vie communautaire, de ses sacrifices, et de ses petits bonheurs…

3Les squattages, j’adorais ça

J’ai travaillé aussi aux squattages : on partait à 4 heures du matin pour loger les familles à l’hôtel du Terminus, au viaduc d’Auteuil, au Pont de Sully. Moi, on m’avait mis au service d’éclairage : j’avais un paquet de bougies. Tu sais que quand on faisait des squattages, il n’y avait pas d’électricité ; c’étaient des maisons désaffectées, alors on m’avait mis au service d’éclairage et je mettais des bougies un peu partout. J’adorais ça, le matin à 5 heures, même plus tôt que 5  heures : il fallait que ça se fasse avant le jour.

Tu sais comment ça se faisait le squattage ? Il y avait un camion, et dedans il y avait une cuisinière avec du bois dedans. La première chose c’était de faire une nurserie, car il y avait toujours une dizaine de gosses et la plus belle pièce qu’on faisait, c’était toujours la nurserie. Il y avait la cuisinière, on l’installait, on la branchait bien comme il faut, on l’allumait et on mettait de l’eau à chauffer, et l’on mettait un peu partout des espèces de petits berceaux. Quand on avait fait cela, le commissaire de police venait, il ne pouvait plus les vider parce qu’il y avait trop d’enfants, les enfants étaient à l’abri. C’est ça que j’ai fait

Je ne bois plus

Et après, on m’a demandé si je voulais bien aller à la communauté itinérante. J’ai demandé ce qu’était une communauté itinérante. A l’époque la communauté était faite avec des légionnaires, des « bat’d’Af », des repris de justice, c’était tout un amalgame. Il y a eu beaucoup de types qui, quand ils étaient à jeun, étaient des chics types, mais quand ils étaient bourrés ils étaient des emmerdeurs de toute première. Et c’est là qu’on leur a dit : « Si tu veux rester à la communauté, il ne faut plus que tu boives ». Alors ils allaient se désintoxiquer. Mais moi j’ai jamais été me désintoxiquer, j’aimais bien boire un coup de pinard, Mais c’était affreux le pinard : ils avaient tous des retraites, c’était fantastique … Alors j’ai accepté d’aller à la communauté itinérante, pour encadrer des camarades pour les empêcher de boire. Le même jour j’ai plus fumé, j’ai plus bu, je ne suis pas plus mal pour ça. Depuis 35 ans que je suis à Emmaüs, je ne bois plus, je ne suis pas plus mal pour ça.

C’est comme ça que je suis venu à la communauté itinérante avec Paul D., responsable de l’époque. Et puis je ne voulais pas les responsabilités, alors je partais un peu plus loin je quittais l’itinérante pour une autre communauté ; et un beau jour, j’étais arrivé, Paul me dit : « Voilà, il faut un responsable, tu vas faire le responsable ». C’est comme ça que je suis devenu responsable, mais l’itinérante j’adorais ça.

Fonder des communautés

J’aime pas les communautés fixes. J’en suis venu à les construire, mais comme un architecte, tu sais. Un architecte qui fait une maison, et qui s’interesse à d’autres projets. Moi, c’est un peu ça. Et puis il y en a qui sont capables de faire un bon responsable, mais ils ne sont pas capables de construire les communautés. Alors, il faut faire les deux, c’est bien, c’est pourquoi je le fais. C’est comme ça que je suis venu à Emmaüs, et que j’ai découvert quelque chose : je ne peux pas te l’expliquer bien, mais quelque chose que vraiment j’étais utile à la société. Il y avait des camarades comme moi, qui auraient pu faire leur vie ailleurs, mais ils sont restés car vraiment ils se sentaient utiles.

Je suis bohême, moi, je ne suis pas un intelletuel : mon seul diplôme que j’ai de l’Etat, c’est mon permis de conduire et je l’ai du à 44 ans.

En itinérantes, les amis étaient un peu ahuris, ils ne savaient pas ce qui les attendait, c’est vrai. On restait pendant 6 semaines, 2 mois ou 3 mois maximum. Ils voulaient une communauté, alors on restait pour faire la communauté. Puis, moi je repartais pour en faire d’autres. J’en ai fondé, je ne sais pas moi … J’ai été un peu partout, j’ai fait toute la Normandie, je les connais par cœur ; il y en a qui vont faire leurs vacances ailleurs, en Normandie il y a de si jolis coins de vacances. J’ai fait une partie de la Mayenne, j’ai fait un peu toute la France, j’ai fait plusieurs communautés, je crois que j’ai fait Dijon je crois que j’ai fait Ormes. Des fois j’ai été donner un coup de main un peu partout, bref…

*NEW* CREATION D’UN COMPTE PAYPAL! *NEW*

pplogoLa communauté Emmaüs Genève a besoin de votre aide. Votre don ou votre legs contribueront à la réinsertion des plus démunis selon le concept de notre Fondateur l’Abbé Pierre.

Cliquez sur notre onglet « Donner » sur notre page d’accueil afin de pouvoir effectuer vos dons en toute sécurité via notre système Paypal nouvellement mis en ligne!

 

1949

L’Abbé Pierre rencontre Georges, ex-prisonnier, qui a l’intention de se suicider. Il lui déclare je ne peux rien faire pour toi mais par contre toi tu peux venir m’aider à secourir les plus démunis, nous avons besoin de tes bras.

Aidés par Mademoiselle Lucie Coutaz, sa fidèle secrétaire, ils commencent alors un travail de chiffonniers qui leur apportera de quoi vivre et même d’accueillir les premiers Compagnons.

1954

L’hiver est particulièrement rigoureux. Une femme expulsée de son logis ainsi qu’un bébé viennent de mourir de froid. L’abbé Pierre lance un appel au secours sur les ondes de Radio Luxembourg. Des collectes d’argent, de vêtements, couvertures, et nourriture sont organisées. La générosité des habitants de France est inestimable et les plus pauvres sont aussitôt secourus. EMMAÜS est né. Emmaüs dans le monde. Le mouvement Emmaüs est implanté dans 36 pays. Un des buts de notre communauté de Genève est d’aider les autres communautés plus défavorisées. Par leur travail, nos Compagnes et Compagnons apportent leur contribution à ce soutien important.

1957

Le combat contre la pauvreté à Genève commence en 1957. La première communauté de Suisse est ouverte dans de vieilles bâtisses désaffectées à la Queue d’Arve, où débutent les travaux de ramassage et de tri des marchandises, qui seront réparées pour être revendues dans nos magasins. Ces activités permettront aux Compagnons d’acquérir les connaissances professionnelles nécessaires à leur réinsertion. Actuellement 35 Compagnons et 12 Compagnes vivent et travaillent dans la Communauté située 5, route de Drize à Carouge. Ils y sont logés et nourris. Le but est leur réinsertion dans la vie sociale, pour laquelle nous leur apportons notre soutien.

2016

Création d’un compte Paypal, car malgré notre infrastructure, nous n’arrivons pas à répondre aux demandes quotidiennes de Femmes et d’Hommes venant chercher un abri et un travail. Les écorchés de la vie ont souvent besoin de longs mois pour se reconstruire. Comment nous apporter votre soutien.  L’association des chiffonniers d’Emmaüs Genève est reconnue d’utilité publique. Elle est structurée par un Comité de personnalités genevoises, toutes bénévoles, garantissant que votre don ou votre legs sera utilité entièrement dans le but de servir « Premier le Plus Souffrant » Les sommes que vous décidez d’offrir à Emmaüs sont déductibles fiscalement. Nous sommes avec plaisir à votre disposition pour tout renseignement ou rencontre éventuelle.

 

JULES 1|4

2Durant le mois de février, la lecture d’un feuilleton vous sera proposée en quatre volets retraçant l’itinéraire de Jules, compagnon charismatique de la première heure de l’abbé Pierre, ce feuilleton est précédé d’une introduction de Georges Chevieux, ancien responsable de la Communauté d’Emmaüs de Genève.

« J’ai rencontré JULES en avril 1964 à mon arrivée à la communauté d’Emmaüs de Rouen il était un personnage historique. Il avait participé à l’hiver 1954, les communautés itinérantes, il préparait le grand ramassage de l’été 1964 à Rouen, il était déjà, en 1964, un des plus anciens responsables de communautés. Il a été jusqu’à sa mort un important acteur de la vie d’Emmaüs, un fidèle de l’Abbé indéfectible pour les beaux jours mais aussi les jours d’orage et de gros temps et là nous étions moins nombreux mais Jules était présent. Un seul défaut il était un peu sourd si bien que nous avions toujours l’impression qu’il criait. »

Georges Chevieux

JULES, UN COMPAGNON D’EMMAUS

J’aurais pu aller ailleurs

Jules : Si je me souviens bien, j’étais arrivé en 1952, au mois de décembre, vers le 9 je crois, oui le 9 ; je venais d’être débauché dans une société qui s’appelait La Ferroviaire ; ils m’avaient débauché comme ça, puis j’aurais pu aller ailleurs, mais je ne sais pas, j’avais attendu avec un camarade qui m’a dit : « On va aller chez l’Abbé Pierre ». Je lui ai dit : « Qu’est-ce que c’est que l’Abbé Pierre ? » Il m’a dit : « C’est un chiffonnier ! » J’avais entendu parler que l’Abbé Pierre avait gagné à Quitte ou Double 250.000 francs et qu’il faisait des maisons mais je ne savais pas que ça existait vraiment. J’ai demandé au camarade où c’était, « il est à Neuilly Plaisance ». Bon, allons-y alors à Neuilly Plaisance ».

On a pris le bus No. 113 à Vincennes, on est arrivés au Carrefour de la Mal Tournée, puis on a demandé où était l’avenue Paul Doumer. Et en arrivant avenue Paul Doumer, mon camarade me dit : « J’ai réfléchi, j’y vais pas ». Moi, je dis : « Mince, on est arrivé là, tu me laisses tomber là ». Il m’a dit : « Ben, vas-y tout seul ». Je suis rentré : un Belge, le Docteur Rebufa, était à l’accueil. Il m’a dit : »l’Abbé Pierre n’est pas là, attendez un peu ». J’ai attendu, oh je ne sais pas, une demi-heure, trois quarts d’heure, et j’ai vu l’Abbé Pierre qui est arrivé. Il était encore en soutane à ce moment-là, il avait son grand capuchon. Il m’a dit : »J’ai besoin de toi, tu travailles » ; il ne m’a pas demandé mes compétences, il ne m’a rien demandé, il m’a dit : »Est-ce que tu veux aller travailler sur une décharge, sur la gadoue ? »

Sur les « gadoues »

Il m’a emmené dans une voiture à Pontault-Combault où je suis tombé sur une ancienne pépinière complètement désaffectée, avec des roulottes un peu partout. Je suis tombé des nues, je croyais que c’était autre chose que ça j’ai dit : « On va habiter dans des roulottes ». Alors on m’a mis dans une tente et puis le lendemain matin, je me demandais ce que je faisais là à 34 ans. Je réfléchissais et puis j’ai vu le responsable, Bernard Couchenot et sa femme Michèle. Il m’a dit ce qu’on allait faire : on va sur les décharges ramasser des bouts de ferraille pour faire vivre les familles là. Alors j’ai demandé qui étaient tous ces gens qui étaient là dans les roulottes. Il y avait au moins une quarantaine de roulottes, une centaine de gosses

Je me suis dit : « Qu’est-ce que je fais là dedans ? Et là, d’un seul coup, sur la décharge, en travaillant, j’ai découvert quelque chose d’extraordinaire. C’est pas facile à expliquer, parce que moi je ne suis pas un intellectuel, je ne suis qu’un manuel. Je savais bien travailler de mes mains, tout çà, alors j’ai travaillé, j’ai ramassé des boîtes de conserve, de tout et c’est là que je me suis aperçu vraiment de la société de consommation. Dans une décharge, on trouvait des pains, des boîtes de conserve, de tout, et on s’est aperçu qu’on était vraiment utile ; avec le produit de nos ventes, on pouvait faire quelque chose pour les familles. Parce que je me suis renseigné, j’ai demandé pourquoi ces familles étaient là, pourquoi qu’on était comme ceci, pourquoi il y avait des camarades qui étaient comme ça.

Je pouvais être utile

Et puis moi, vraiment je ne suis pas un clochard, j’ai jamais été clochard de ma vie, j’ai jamais vagabondé, j’ai toujours eu un travail fixe, tout ; j’aurais pu me reclasser ailleurs, mais, je ne sais pas, il y a une force qui m’a permis de rester là, de travailler ; c’est pas facile à expliquer, parce que j’ai découvert quelque chose, que je pouvais être utile. Avant, je travaillais pour moi, j’étais célibataire, parce que c’était tout de suite après la guerre, j’ai été prisonnier de guerre sept ans. J’ai été très malade, j’ai attrapé une bronco-pneumonie en Allemagne, j’avais pas été soigné et j’ai eu du mal à me réadapter, et je suis tombé à Emmaüs.

Puis je suis parti, parce que j’avais trouvé un petit peu de boulot quand même : j’ai travaillé chez un ferrailleur qui achetait à l’Abbé Pierre, mais j’ai resté que 1 mois ou 2, pas plus, et je suis revenu à Emmaüs. J’ai trouvé plus utile de travailler à Emmaüs que chez un patron. Et puis après on a fait ce qu’on a appelé « l’Insurrection de Bonté ». J’ai été pris dans l’engrenage, on squattait, on a été un peu partout, j’ai été travailler à Bois-l’Abbé, à la Queue-en-Brie, j’ai été pour l’Opération de Bonté dans les bois de Pomponne. C’est fantastique. Tu me poses des questions à brûle pourpoint là, mais je te réponds comme je peux.

Ce samedi 30 janvier 2016

20051031_Photo_Faustino_205_gd

52 ans après l’appel de l’Abbé Pierre des gens meurent encore de froid dans les rues de nos villes! Afin de se remémorer la notion de Partage, Emmaüs Genève aura le plaisir d’offrir à tous ses clients et amis un café chaud et un croissant dès 09h00 à l’entrée de notre magasin de la route de Drize  à Carouge. Nous vous attendons nombreux!

 

DVD

IMG_4415

L’Abbé Pierre est désormais entré dans l’histoire. Aujourd’hui encore, il demeure la personnalité la plus populaire du monde francophone. On ne compte plus les biographies, documentaires et fictions qui lui ont été consacrés. Mais il existe fort peu de documents qui privilégient La Parole de l’Abbé Pierre. Ce DVD vous propose plus de 5 heures d’entretiens et de reportages au cours desquels il nous livre l’essentiel de son engagement.

En prime, des images personnelles totalement inédites que l’Abbé Pierre nous a rapportées de ses voyages à travers le monde.

 

Prix de vente

12.- en magasin

15.- port compris en Europe

 

 

 

Mémorandum

L’abbé Pierre nous a quitté le 22 janvier en 2007. Nous ne l’oublions pas et il reste notre guide dans l’aide et le soutien imagesaux défavorisés.

 

 

 

 

 

 

«La boîte à fringues»

IMG_4424

N’oubliez pas nos boîtes à fringues disposées dans la ville et le canton de Genève!

En effet, vos habits, serviettes, chaussures, draps, oreillers, sacs etc. ont droit à une seconde vie à condition bien sûr d’être en bon état.

Cette démarche permettra non seulement de fournir des emplois dans la région mais aussi de proposer des habits de seconde main à des prix attrayants sur des marchés défavorisés.

De plus, les fibres de tissus n’étant pas destinées à la vente sont recyclées et réutilisées afin de confectionner de nouveaux vêtements, ce qui évite leur incinération et améliore grandement leur impact écologique.

Emmaüs et les associations participantes vous remercient de votre geste.

Pour plus d’information: https://recycling-map.ch/fr/