Alain Morisod, ma rencontre avec l’abbé Pierre

morisodJe conserve un souvenir ému de ma première rencontre avec l’Abbé Pierre. Et je dois ce moment aussi inattendu qu’inoubliable à mon ami Jean-François Duchosal.

Faut que j’vous raconte! Participant en 1999 à l’émission «Zig Zag Café» de mon ami Jean-Philippe Rapp, ce dernier m’avait demandé, en conclusion, quel était le personnage du XXe siècle qui m’avait le plus touché. Je lui répondis sans ambages que c’était l’Abbé Pierre, dont l’inoubliable appel radiophonique de 1954 arrive, aujourd’hui encore, à m’émouvoir au plus profond de mes tripes. Fin de l’émission…

Quelques mois se passent et un matin à mon bureau, situé en face du Jet d’Eau, je reçois un appel. «Salut, c’est Jean-François… dis-moi, c’est vrai que tu aimes bien l’Abbé Pierre?»

Je lui en remets bien sûr une couche lorsque soudain il m’interrompt «mais ça tombe bien! L’Abbé t’attend à côté à l’Amiral pour boire un café!» Je n’en crois pas mes oreilles…, incrédule mais plein d’espoir, je me précipite à l’Amiral. Effectivement, installé à une petite table de bistrot, «il» m’attend! L’Abbé Pierre… le vrai… béret sur le côté et pèlerine sur les épaules!

Ce premier instant passé je m’assieds en face de lui… la voix est douce, à peine audible… mais il est là! En face de moi… au fil des minutes la voix devient plus audible et on se parle. Je ne me souviens pas de tout ce qu’on s’est raconté durant cette demi-heure de sérénité. Mais jamais je n’oublierai son regard, ni la bonté et l’amour de l’autre que j’y ai décelé. Un grand moment de ma vie.

Plus tard je l’ai revu à deux reprises et notamment sur le plateau des Coups de Cœur où, comme il me l’avait promis, il me fit l’amitié d’une visite qui surprit et bouleversa tout le monde. Comme me le confia Jean-Marc Richard (et pour une fois c’était vrai!) «un tout grand moment d’émotion ! »

Je repense souvent à lui et d’une certaine manière il accompagne ma vie au travers de ses petites phrases qui me font du bien et souvent m’aident. Notamment celle-ci:

«Puisqu’on ne peut changer le cours du vent, il faut sans cesse apprendre à réorienter les voiles».

Message reçu… merci l’Abbé.

morisod image morisod image